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ROLEMASTER extension Magie des Terres du Milieu

Couverture RoleMaster 2nd edition

Des vieux grimoires scellés, au faîte d’une tour d’ivoire, jadis rejetés et cachés par crainte de leur pouvoir, aujourd’hui sont révélés.

« En l’An 2758 du Troisième Âge, en pays de Rohan, régnait Helm de la lignée d’Eorl. Les ténèbres présentes et futures pesaient sur les visages des Sages et le rude peuple des rohirrim, dans son innocence guerrière, n’imaginait pas qu’il serait à la croisée de l’Histoire et que l’année s’achevant verrait leur royaume à genoux. Trois personnages, ignorés des érudits et des chroniques, prirent pourtant part aux évènements, pour l’honneur comme pour l’infamie, par le sang et par le verbe. Un simple écuyer, enfant des plaines rohannaises, un Elfe gris, interrompant son voyage vers la Tour Blanche et un noble banni de Pelargir, rebelle et orgueilleux. »

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Tolkien et Dumézil

Georges Dumézil a marqué l’Histoire de la linguistique par la mise en lumière d’un fond commun à toutes les langues indo-européennes. Le mot indo-européen est d’ailleurs né avec ses travaux. Toute sa vie durant, Dumézil fouilla les légendes du monde, travaillant avec les textes originaux en langues éteintes depuis des millénaires et il posa les bases théoriques d’une union de tous les peuples, de l’Inde à l’Irlande. J.R.R. Tolkien était un professeur à l’université d’Oxford à la chaire de philologie (littéralement « l’amour des langues ») et il exerça une profession très proche de celle de G. Dumézil. Sa spécialité ne recouvrait « que » la Scandinavie et comme professeur d’université, il travailla à redécouvrir un peuple disparu à travers ses légendes. Je ne connais pas les recherches de Tolkien comme universitaire, ses livres suffisent amplement à entrevoir la richesse des légendes sur lesquelles il s’appuie.

Le récit de la naissance des Elfes prend sa source dans les migrations successives des peuples de l’Inde, et plus particulièrement au peuple des Angles, qui investit la Scandinavie, des millénaires de cela. Les différentes tribus des Angles qui se séparèrent pour former les différentes nations scandinaves se retrouvent dans les différentes tribus des Elfes. La nuit du cercle polaire dut être un évènement terrifiant pour les Angles et des légendes y font certainement référence. Tolkien, là encore, les investit dans son récit. La force de son récit tient dans ces légendes, qui existent réellement, et qui lui ont servi d’inspiration.

la Musique des Dieux ou la naissance du monde

Premier article concernant le Silmarillion, résumé de lecture du premier chapitre, il aidera j’espère à la compréhension de l’univers de Tolkien, à travers cet ouvrage réputé illisible. La comparaison, en creux et en plein, avec l’Ancien Testament est riche de découvertes.

(les nombreux noms de dieux, de personnages ou des lieux ont souvent plusieurs formes selon la langue employée par le narrateur –Tolkien a inventé plus d’une dizaine de langages-, j’essaierai de n’employer qu’une seule forme et je choisirai toujours la forme la plus ancienne des langues de l’auteur. A chaque texte sera joint un petit lexique)

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Rolemaster

Que dire de plus sur ce monstre sacré (ou honni) du jeu de rôle ?

Aux iconoclastes, aux pourfendeurs du roll-playing (qui s’oppose au role-playing) je leur répondrais qu’il n’est absolument pas nécessaire de maîtriser les 3000 pages (si,si) de règles (non-traduites évidemment) pour pouvoir jouer à Rolemaster. Dieu merci.

Déterminer le sens du vent par un jet de dés au moment d’uriner pour savoir si l’on tâche ses chaussures reste crédible. Je peux en effet calculer avec une extrême précision les dégâts d’un cactus qui chute sur une araignée et fabriquer un objet alchimique implique bien des racines carrées dans la résolution du jet de dé. Mais à quoi bon ?

Comme les créateurs de Rolemaster le précisent d’entrée de jeu, ils ont mis au point un système de règles sans univers attitré et fait en sorte de pouvoir répondre à tous les cas possibles. Libre à chaque maître du jeu de « faire son marché » et de choisir les règles qui l’intéressent. Si les créateurs de Rolemaster étaient clairement des obsessionnels, personne n’est contraint de l’être.

Il est vrai que depuis 3 décennies, les systèmes de règles ont beaucoup évolués et en mieux. Il semblerait par contre dans le domaine des jeux vidéo RPG que le temps se soit arrêté, les ressemblances avec AD&D et Rolemaster sont impressionnantes.

Je reviens sur le véritable avantage de Rolemaster : pas de background orienté et un système de règles tellement vaste que l’on va pouvoir réellement façonner son univers. Ce que n’offre pas AD&D, quand bien même j’adore le médiéval-fantasique, la nuance est parfois bénéfique (je pense à Agone, là).

Mon intérêt pour Rolemaster provient directement de ma déception pour JRTM (Jeu de Rôle des Terres de Milieu) c’est-à-dire l’univers de Tolkien formaté à la sauce AD&D. J’ai pu grâce à Rolemaster mettre au point un système de magie qui collait, je crois, beaucoup plus à l’œuvre de Tolkien et faire des Elfes qui ressemblent à des Elfes, et non à un hybride improbable entre le lutin et le surhomme.

J’invite donc au respect de cette vielle machine compliqué, de ce géant de papier qui permet beaucoup si l’on s’en donne la peine (sois dit en passant, je déteste le roll-playing).

J.R.R. Tolkien, l’imaginaire qui sauve

Une vie de démiurge, consacrée à la création d’un monde. Et quel monde ! Très connu (trop ?) et très mal. Je passerai sur les raisons de ce dévoiement. Un soupçon d’élément biographique s’impose. Né en Afrique du Sud et mobilisé en 14-18, Tolkien a connu la guerre des tranchées, c’est finalement le seul fait à retenir de sa vie, puisqu’il détermine toute son œuvre. Au contact de l’horreur de 1914, Tolkien avouait s’être enfui dans son imaginaire, de s’être inventé des histoires pour ne pas perdre la raison. Il venait d’accoucher d’un monde. Pendant plus de 60 ans et jusqu’à sa mort, il restera victime de ce « tic », accumulant plus de 40 volumes et une masse hallucinante de notes. Il fallut plus une décennie à toute une équipe d’universitaires pour les classer ! On pourrait aller jusqu’à considérer l’auteur comme un traumatisé de guerre, atteint d’une maladie psychique. La plus belle maladie qui soit : la création artistique.

De son vivant, seuls quelques ouvrages furent publiés, les seuls qu’il considérait comme aboutis. Les traductions françaises ne furent pas à la hauteur comme son fils Christopher s’en est longuement expliqué. Aujourd’hui encore, seul un quart de l’œuvre de Tolkien est publié en français (traduit par Adam Tolkien, « la famille » garde la main). Arda, le monde, où les Terres du Milieu ne sont qu’un continent est d’une richesse immense, qu’une vie entière suffirait à peine à explorer. Les transformations géographiques, les civilisations qui naissent et meurent, les grands faits historiques comme les légendes du terroir offrent à cette œuvre une profondeur inégalée depuis – j’ose le blasphème – l’Ancien Testament. Le démontrer ne sera pas chose aisée, par des post sporadiques, je tenterai la gageure. Prochaine épisode : la génèse d’Arda (c’est évident !).

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