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À l’Ombre du Cœur d’Esteren

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La missive cachetée me trouva un matin sous un ciel plein de menace. Le sceau rompu, je regagnai ma demeure, avide de nouvelles. En la contrée de Taol-Kaer, dans les petites communautés montagnardes, la vie devenait plus dure, l’isolement plus pressant, et la peur grandissait. Les disparitions des voyageurs le long des routes, les horreurs aperçues près du col, qui pourtant leur auraient permis de rejoindre la capitale, tout cela, ce pauvre Doern me le racontait avec son propre style, empreint de tristesse et de dignité. Si le lointain empire, avec sa puissance et sa science, aurait pu porter l’espoir d’un renouveau dans les villages nichés sur les versants d’Ard-Monach, le poids de la coutume et des superstitions scellait les lèvres et voilait les regards.

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ROLEMASTER extension Magie des Terres du Milieu

Couverture RoleMaster 2nd edition

Des vieux grimoires scellés, au faîte d’une tour d’ivoire, jadis rejetés et cachés par crainte de leur pouvoir, aujourd’hui sont révélés.

« En l’An 2758 du Troisième Âge, en pays de Rohan, régnait Helm de la lignée d’Eorl. Les ténèbres présentes et futures pesaient sur les visages des Sages et le rude peuple des rohirrim, dans son innocence guerrière, n’imaginait pas qu’il serait à la croisée de l’Histoire et que l’année s’achevant verrait leur royaume à genoux. Trois personnages, ignorés des érudits et des chroniques, prirent pourtant part aux évènements, pour l’honneur comme pour l’infamie, par le sang et par le verbe. Un simple écuyer, enfant des plaines rohannaises, un Elfe gris, interrompant son voyage vers la Tour Blanche et un noble banni de Pelargir, rebelle et orgueilleux. »

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Horreur à Arkham, l’amour des travaux manuels*

Editeur : UBIK

Auteur : Richard Launius et Kevin Wilson.

1-6 joueurs (intéressant à partir de 3)

2 heures minimum ou 1 heure par joueur.

Coopération/Ambiance

Présentation :

Encore aujourd’hui, les jeux coopératifs sont choses rares (de mémoire, je ne vois que Pandémie et les Chevaliers de la Table Ronde). Le principe est simple : les joueurs ne jouent pas les uns contre les autres, mais ensemble contre un ennemi commun ; le plus souvent contre une pioche d’évènements aléatoires, ce qui implique une certaine dose de hasard dans ce type de jeu. Horreur à Arkham est basée sur l’œuvre d’Howard Phillips Lovecraft et largement inspiré du Jeu de Rôle l’Appel de Cthulhu. En deux mots, voici les prérequis pour s’immerger dans les récits de Lovecraft : nous ne sommes pas seuls, de nombreuses civilisations âgées de nombreux millions d’années nous entourent. Et nous considèrent plus ou moins comme des insectes. Leurs guerres ont marqué les ères géologiques et la civilisation des Grands Anciens a été bannie de notre dimension. Dans l’ombre, depuis des milliers d’années, ils n’attendent qu’une faille inter-dimensionnelle pour à nouveau dominer notre monde. C’est à ce danger immédiat que les joueurs vont devoir faire face.

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Oui, Seigneur des Ténèbres!, Jeu drôle

Editeur : Sage (Edge Entertainment)

Auteurs : R. Crosa, F. Bonifacio, M. Enrico et C. Ferlito

4-16 joueurs (plus on est de fous, plus on rit)

Ambiance: Improvisation

Je prends le clavier pour –encore une fois- défendre le JdR. A travers un petit jeu de société qui me semble être une passerelle idéale vers l’antédiluvien dé-papier-crayon. « RPG is not dead » et de-ci de-là, on trouve encore les communautés et des auteurs courageux qui le maintiennent en réanimation.

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Présentation du Jeu de Rôle, sous la forme d’une plaidoirie

Votre honneur, si je prends la parole aujourd’hui, c’est pour défendre le loisir qui fut, sans conteste dans l’Histoire Ludique, le plus sujet aux lacis et à la diffamation. Ma tâche rejoint donc celle de Charybde, tant les ennemis du JDR, du haut de leur montagne d’a priori, semblent avoir d’accusations ordurières à jeter.

Mais je m’emporte votre honneur, commençons d’abord par énoncer les faits : qu’est-ce le JDR ? Un mélange de jeu de société, qui se rapprocherait de certains jeux de hasard, et de théâtre d’improvisation, puisque soumis au hasard. Jusque-là un apéritif entre amis autour d’une partie de Yam’s semble avoir autant de potentiel de nuisance que le JDR.

Mais c’est évidemment plus que cela, puisque l’éventail des conversations sociales lors d’un apéritif entre amis n’atteindra, oh grand jamais !, celui d’un Jeu de Rôle. Car il s’agit bien de converser sur ce qui ne constitue pas sa vie quotidienne, d’imaginer, d’inventer, de s’évader vers d’autres mondes. Le JDR serait-il une fuite du monde réel, une drogue ? Le quidam regardant une série télévisée ou un film ne fait pas autres choses que ce qui vient d’être dit, le mélomane rêvant sous l’emprise d’un solo de Coltrane de même, pourtant il ne viendrait à l’idée de personne de les qualifier de drogués, quoique certains intégristes…

S’inventer un monde, rêver une autre vie le temps d’une soirée, non par dépit, mais parce que c’est drôle (ne dit-on pas Jeu d’Rôle ?), comme l’univers d’Alice aux Pays des Merveilles est drôle, comme l’univers de Tim Burton peut l’être. Cette liberté d’imagination est un don qu’il faut chérir, en avoir peur témoigne à mon humble avis plus d’un problème que du bon sens.

Le multivers du Jeu de Rôle est aussi riche que la littérature, dont il découle le plus souvent. Certains sont triviaux, d’autres raffinés, certains sont humoristiques, d’autres sombres et inquiétants et il est possible que certains de ces univers soient malsains, comme dans la littérature. Mais qui songerait à accuser la littérature des maux dont on accuse le JDR ? La réponse est là : les puritains du XIXe siècle, qui accusaient en effet toute littérature imaginative (en-dehors du Livre Saint) de corrompre l’esprit.

Malheureusement pour eux la littérature n’est plus censurée et la tolérance est consensuelle, il leur fallait donc trouver un nouvel ennemi à leur portée (l’excellent ouvrage « Outsider » de Becker fait le point sur cet étrange phénomène). Pendant la première moitié des années 90, la presse grand public a largement relayé leur point de vue amenant à une véritable chasse aux sorcières.

Depuis, le calme est revenu et le (tout) petit milieu des rôlistes peut à nouveau s’amuser en paix. L’imagination nécessaire au Jeu de Rôle peut bloquer certaines personnes, mais les amoureux des livres, les fantaisistes en tout genre, les artistes de tout poil y trouveront leur compte, sans mesure.

Au risque de verser dans l’hérésie : béni sois-tu Asmodée ! (ayez un peu le sens de l’humour votre Honneur…)

Je remercie la cour.

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