Metropolys, les promoteurs bluffeurs

Auteur : Sébastien Pauchon  Editeur : Ystarimetropolys

2 à 4 joueurs (conseillé 3-4) Durée : environ 1 heure

Stratégie/Tactique et Enchère/Bluff

Présentation :

Avec Metropolys, il faut aller au-delà des apparences. La gamme de couleur choisie pour le plateau lors de la réédition est, disons, discutable, et sa lecture insupportable. S’arrêter là serait regrettable tant ce jeu est un plaisir pour l’esprit. Chaque tour de jeu est évolutif, chaque partie doit être pensée dans sa globalité et un esprit de comptable du genre probabilité/statistique est absolument insuffisant : une bonne dose de psychologie sera nécessaire au gagnant. Metropolys a donc de quoi satisfaire bon nombre de joueurs dans des styles très différents, pour peu que vous mettiez vos lunettes, oubliez votre sens esthétique ainsi que le thème du jeu (à l’exception de son nom, je cherche désespérément le rapport qu’entretient Fritz Lang avec lui…).

Les joueurs sont sensés être des promoteurs immobiliers sans état d’âme, ils possèdent chacun des objectifs secrets et 13 bâtiments à construire marqués d’un numéro correspondant à leur coût (de 1 à 13). Ces projets se concrétiseront, c’est-à-dire seront posés sur le plateau, si le joueur remporte un appel d’offre. Un joueur qui débute un appel d’offre pose sur une case libre du plateau un des ses 13 bâtiments au choix. Le joueur suivant peut enchérir en plaçant un de ses bâtiments sur une case immédiatement adjacente et libre. Celui doit être d’une valeur supérieure au bâtiment précédent.

Ex : le premier joueur a commencé l’appel d’offre en posant un bâtiment de valeur 6 sur une case du plateau, s’il y a une case libre et adjacente à celle-ci le joueur suivant pourra placer un bâtiment de valeur 7 ou plus.

Les joueurs continuent de « monter » ou « se couchent ». Le dernier joueur a le droit de laisser son bâtiment sur le plateau, les autres reprennent dans leur main les projets qu’ils ont posés au cours du tour. Ainsi, un joueur qui pose son bâtiment de valeur 13 remporte instantanément l’appel d’offre, mais un bâtiment posé ne pourra plus être utilisé de la partie. Un joueur qui arrive à placer un bâtiment sur une case sans « liberté » (pas de case adjacente libre) remporte aussi l’appel d’offre. Au cours d’un tour, on voit les appels d’offres se déplacer sur les cases du plateau formant comme une chaîne dont seule l’extrémité restera définitivement sur le plateau. Cette extrémité correspond souvent à un but précis, car les cases n’ont pas toutes la même valeur.

Un des deux objectifs secrets des joueurs correspond à une couleur, les cases de cette couleur rapportent le double de points à ce joueur s’il conclut l’appel d’offre sur celle-ci. Pour deviner ses objectifs, les autres joueurs seront évidemment attentifs aux enchères brutales d’un certain joueur sur une certaine couleur de case. L’autre objectif secret est plus technique, il peut demander au joueur de former des figures avec ses bâtiments sur le plateau (chaîne, agglomérat) où de concentrer ses bâtiments sur une partie du plateau. Une version simplifiée du jeu exclut cet objectif. Enfin sur les cases du plateau sont posés (aléatoirement ou selon les règles) des jetons apportant des bonus ou des malus. Le joueur sera amené parfois à enchérir sur une case avantageuse pour son objectif malgré la présence d’un jeton malus, un choix plutôt difficile. Le jeu s’arrête lorsqu’un joueur a placé tous ses bâtiments sur le plateau, mais ce ne sera pas forcément lui le gagnant : les objectifs des joueurs sont alors révélés et le décompte commence.

Mon humble avis :

De nombreuses parties avec des joueurs très différents m’ont convaincu de plusieurs choses : d’abord il faut être en pleine possession de ses facultés mentales pour jouer à Metropolys. Comme dirait mon fournisseur habituel : « ce n’est pas un jeu que je proposerais après un repas entre amis ». Un jeu à réserver donc aux joueurs motivés. Deuxième chose, même un joueur qui débute sa première partie peut écraser des joueurs plus habitués, tant les techniques dans Metropolys sont nombreuses. La part de bluff dans les enchères, l’ordre de pose de ses bâtiments pour ne pas se retrouver coincé en fin de partie avec seulement ses petites valeurs, la gestion du plateau avec coins et recoins plein de bonnes et mauvaises surprises, la capacité à prévoir l’évolution de la chaîne des appels d’offre influencent également la partie. Remplir ses objectifs rapporte des points, mais récupérer des jetons aussi. Tout cela pour dire que si l’on varie les adversaires, Metropolys a une durée de vie quasi illimitée.

Juste au cas où : prévoir de l’aspirine.

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Publié le 29/07/2012, dans JEUX DE SOCIETE, et tagué , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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