Arcanum : engrenages & sortilèges

Bienvenue aux rétros ! Les zélotes du RPG vieille école seront ici chez eux : les intoxiqués de Fallout 1 et 2, amourachés de Baldur’s Gate pourront se prélasser dans leurs fauteuils rococos et apprécier enfin, s’ils ne le connaissent pas déjà, un des meilleurs jeux de rôle PC de sa génération. Et quelle génération ! Tout simplement l’héritière de la série Ultima. Tout est là, une ambiance so british, des dialogues savoureux, plein de pièges et de nuances. Une véritable liberté d’errer (car les non-dupes errent), et la moralité du personnage qui se construit à mesure : pragmatique, héroïque, cynique ? Le choix, comme pour le développement du personnage, est totalement ouvert. Mais un seul point de compétence à allouer par niveau, une misère !, une véritable torture tant les possibilités sont nombreuses.

Des dialogues rebondissants…

Le continent et les archipels d’Arcanum ont une composition politique floue et instable car Arcanum est un monde en pleine mutation. Depuis une génération, la race humaine a découvert la technologie de la machine à vapeur en la personne de Gilbert Bastien, le génial inventeur. Les équilibres économiques et militaires entre les royaumes humains ont été bouleversés et les vieilles royautés se meurent, sombrent dans la décadence pendant leurs alliés rejoignent progressivement les Royaumes Unifiés, démocrates et pro-technologie. L’ancienne race magique, les Elfes, regarde avec dédain cette civilisation industrielle qui se lève et se réfugie dans ses antiques forêts. La technologie pose un problème majeur : elle perturbe toute activité magique à proximité, et vice-versa. L’ancien monde de la magie et le monde naissant de la technologie ne peuvent cohabiter. La déforestation due à l’activité industrielle met presque les Elfes sur le pied de guerre, on se croirait dans Princesse Mononoké de Miyazaki.

Les Nains, décimés par leurs guerres de clans, vivent retirés dans les montagnes. Les Orques sont quasiment réduits à l’état d’esclavage dans les usines de Gilbert Bastien (être le délégué syndical des Orques dans un pseudo-19ème siècle est une expérience à part). Les Gnomes et les Halfelins se sont par contre remarquablement adaptés au monde moderne. Les nombreux hybrides (demi-elfe, demi-orque…) subissent un racisme latent tout à fait détestable. Voilà toute la nomenclature du médiéval-fantastique présente, incluse dans un environnement steam-punk. Toutefois dans les anciens royaumes humains, au fond des mines naines et des forêts elfes vous pourrez côtoyer le monde d’antan. Vous pourrez choisir votre camp (ou pas !) et dans chaque camp des factions s’entredéchirent : un nécromant aura tout intérêt à vivre incognito chez les technologistes plutôt qu’au voisinage de ses confrères magiciens tout à fait intolérants. La rude (et libre) concurrence chez les technologistes aura tôt fait de créer des inimitiés, vous ouvrant ou vous fermant dans de nombreuses quêtes. La première fois que l’on finit Arcanum, on est tout simplement frustré d’en avoir exploité une si faible partie. En ce qui concerne les voleurs et autres larrons pragmatiques, vous pourrez voguer à votre gré dans les différents camps, sachant que vos propres organisations secrètes et plutôt difficiles d’accès se chargent d’organiser la juste répartition des « bons plans ». Libre à vous bien sûr de faire cavalier seul.

La religion non plus n’est pas en reste dans Arcanum, et là aussi, plusieurs systèmes cohabitent. Les anciennes religions païennes et inquiétantes tombent en désuétude, elles sont par contre l’objet de nombreuses études à l’université de Tarante. La religion dominante est monothéiste : la religion Panarii. Presentée sous un jour ridicule, sectaire et niais par votre compagnon au début du jeu, elle vend un boniment affligeant de bondieuserie et de développement personnel. Mais derrière le rideau commercial, ce clergé occupera toute une partie du scénario principal.

Last but not least, Arcanum possède son propre éditeur et une petite communauté de moddeurs (français) continue de faire vivre cet univers exceptionnel. Pour les mods, suivez le lien. Quelques titres excellents : Le secret du professeur Quentin Blafard et Mystère à l’Abbaye. Si vous n’avez jamais entendu parler d’Arcanum ou si vous n’y avez jamais joué, allez-y, perdez-vous un temps dans ce monde unique et déroutant !

L’ISO peut avoir son charme

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Publié le 28/06/2012, dans JEUX VIDEO, et tagué , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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