Fallout 3 : un déclin proportionnel à la beauté des graphismes ?

Les grands joueurs qui ont suivi la saga des Fallout n’en démordent pas : ce 3èmeopus attise la controverse, voire la détestation, et pour cause. J’ai testé ce jeu culte et j’en tire une impression paradoxale et frustrée : un mélange de déception et d’attirance aiguës. Analysons cet ensemble :

Un paysage désolé, post-nucléaire…

Côté graphisme, le monde futuriste dans lequel le joueur s’aventure est dévasté, ravagé par les dégâts nucléaires apocalyptiques. Sous son morne manteau de grisaille, empli de douleur et de nostalgie, l’univers de Fallout 3 fascine, resplendissant d’une beauté triste et inimitable.

Le personnage commence son aventure dès sa plus tendre enfance, à l’instar du jeu Fable (jeu que je trouve linéaire). On suit les premiers pas du personnage qui deviendra notre futur « anti-héro », qui construit ses compétences et savoir-faire : piratage informatique pour s’introduire dans les bases de donnée, force, science (se soigner), éloquence…etc…. Jusqu’ici, le jeu est plutôt bien pensé, hormis le côté fraise-tagada : (lorsque votre personnage a 10ans, chapeaux pointus et ballons nauséabonds vous dorlotent) qui laisse une impression de naïveté, voire d’ennui. Mais celle-ci est volontairement imposée afin de contraster avec la suite, plus tragique, plus noire. Par rapport aux premiers Fallout, on perd le système avantages/défauts à la création du personnage. D’autre part, les points de compétences à distribuer sont si importants que le joueur ne ressent pas de réelle frustration à devoir choisir entre différents avantages.

Notre personnage grandit et un jour maudit, il se retrouve propulsé en dehors de son abri 101, celui qui le protégeait du monde extérieur, de ses radiations dangereuses…et, Ô ciel , de ses super-mutants ! A ce stade, l’émerveillement est à son paroxysme : on admire les décors plantés çà et là, riches en détails et fourmillant d’anecdotes du passé. On découvre l’existence de deux radios qui pourront nous accompagner le grand périple : rêve américain désenchanté ou espoir militantisme teinté de nostalgie …

Pardonnez-moi de vous interrompre, je voudrais juste un renseignement…s’il vous plait.

Premier point noir : le manque de liberté. Impossible de gravir les amas de déchets pour franchir les barrières de l’inconnu. On se retrouve vite dans un jeu-couloir où les villes et rues sont cloisonnées par les multiples objets qui magnifient l’environnement tout en le limitant. Malgré un choix très étendu, les dialogues sélectionnés ont finalement peu d’incidence sur la suite, pour peu que vous ayez un minimum d’éloquence. Les libertés (spatiales et discursives) prônées dans le jeu sont plus restreintes que celles dont le jeu prétend jouir. La réputation se gère au nombre de points karma récoltés ou perdus lors de vos aventures. Mais voler un simple objet fait descendre la jauge et il semble regrettable, de mon point de vue, qu’il en soit ainsi car le vol est une condition sine qua non au plaisir d’exploration du jeu, sinon à quoi bon ? Pour récupérer un pauvre bon point « gentil humain », il s’agira de faire preuve d’une grande diplomatie ! Au final, le Bad boy s’impose pour profiter du jeu. Ainsi, Fallout 3 nous berce avec des illusions de liberté. Côté ambiance, on retrouve les drogues multiples qui font partie du charme incontestable de la série. Votre perso dispose de tout ce qu’il faut pour devenir un grand toxicomane accroc aux Stimpack, aux psychos et autres substances détestables (ou délectables). Les machines et ordinateurs plantent un décor réaliste et séduisant. Le piratage informatique fonctionne par jeu de déduction lettrée, un hybride entre le pendu et le mastermind. Pip Boy, l’indispensable outil de gestion informatique, est toujours présent pour la gestion de vos objets, quêtes et autres…

Les dialogues à choix multiples n’ont que peu d’incidence sur la suite

La quête principale démarre, on découvre une ville merveilleuse où les PNJ ne brillent pas par une intelligence notoire mais où quelques quêtes suscitent une certaine curiosité chez le joueur néophyte qui la découvre. Mais un jour, on vous envoie explorer les autres villes. A partir de ce moment, vos rencontres avec les super-mutants se multiplient jusqu’à la nausée. Vous avancez douloureusement, sans autre choix que d’emprunter les bouches de métros semés de monstres, et malheureusement, il n’existe aucun moyen de contourner ces obstacles récurrents, répulsifs et répétitifs. Les combats sont linéaires, aucune possibilité de discuter avec les ennemis pour leur faire entendre raison (les Fallout précédents maitrisaient l’art et la manière diplomatique d’éviter tout combat). Les moultes tirs de mitraillette, bazoukas porcins et autres engins phalloffensifs, les rencontres récurrentes avec des raiders qui profèrent (unilatéralement) « Je vais te saigner, sale %*/. !!!! » (Fi de l’éloquence dans le cas présent) et les litres de sang s’étalant sur l’écran ont sonné le glas du ras-le-bol….Inutile de vous avouer que le code console (Cheat Code) s’est imposé comme une évidence. Armée d’un « killall » (tuez-les tous) permettant d’éradiquer toute menace qui s’acharnait à annihiler la motivation du joueur le plus persévérant, mon perso  repartait explorer le paysage sublime de Fallout pour en découvrir le scénario.

Les missions se suivent mais ne se valent pas : Du va-chercher dans le labyrinthe envahi de mutants et de raiders fermés à tout dialogue, des enquêtes plus intéressantes et moins guidées, les missions se suivent mais ne se ressemblent pas. Certaines sont d’un ennui morbide, gore et machinal, où il s’agit d’aller d’un point A à un point B pour activer une commande qui ouvrira une simple porte, changer un fusible en cliquant gauche ou affronter des monstruosités pour ramener un objet à notre maître exploiteur qui se contente d’un merci étouffé.

Comme tout n’est jamais entièrement noir, je souhaite toutefois présenter un bon aspect du jeu. La quête la plus mémorable aura été la plongée dans un monde parallèle en noir et blanc. Près d’une balançoire pour enfants, une petite fille aux airs innocents s’amuse. Derrière ce petit ange se cache un tyran despotique qu’il vous faudra suivre si vous voulez sortir de là vivant(e). Sans spoiler le scénar’, les quêtes sont drôles et titillent la conscience. Malheureusement, ce plaisant passage ne dure pas assez longtemps pour le savourer dans toute sa splendeur.

Si vous cherchez un bon jeu, plus complet, plus RPG, je vous conseille vivement de consulter l’article sur Fallout New Vegas ici.

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Publié le 15/06/2012, dans JEUX VIDEO, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

  1. Très sympa ton analyse de Fallout 3.
    Je viens également d’en faire une, si jamais ça t’intéresse ; icaryon.com.

    • Merci Icaryon, ton site est aussi très intéressant et ton analyse de Fallout 3 complète la mienne. Je l’ai d’ailleurs mis en lien externe sur mon blog (voir la colonne à droite). Comme promis, l’article sur Fallout New Vegas est en cours de préparation et sera publié aujourd’hui ou demain.

  2. Super. Je jetterais un coup d œil 🙂

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