Skyrim

Opus V, l’arbre généalogique de la noble lignée des Elder Scroll porte un nouveau fruit. C’est après beaucoup de temps et d’hésitations que je poste cette critique, autant de temps et d’hésitations qu’il m’a fallut pour l’acheter. Oblivion m’avait durablement refroidie et comme les personnes âgées engoncées dans leurs habitudes, je m’étais réfugiée dans le giron de Morrowind qui accède aujourd’hui au statut de grand-mère dans la famille Elder Scroll. Des commentaires appuyés de membres de la Confrérie des Traducteurs et de mon entourage furent nécessaires pour me faire franchir le pas.

Musiciens, troubadours, marchands ambulants apportent vie et ambiance en Skyrim, heureusement

Il serait parfaitement inutile de commenter l’interface graphique de Skyrim, certes excellente, je préfère lancer un pari : éblouis en 2012, moqueurs en 2020 ? L’évolution des moteurs graphiques (en parallèle de leur appétit pour la RAM) est autant source d’émerveillement que d’obsolescence…Je préfère parler de points positifs à la durée de vie plus grande que celle d’un processeur. La vie quotidienne en Bordeciel, de la cuisine à la forge, la vie des passants, avec de très bons doubleurs, la vie nocturne, des bardes et des poivrots, le caractère et l’âme de chacune des villes de Skyrim sont pour moi les qualités essentielles de ce nouvel opus. Ce qui n’était qu’ébauche maladroite dans Oblivion est devenue peinture naturaliste.

Alors ? Alors, comment expliquer ? Comment expliquer qu’une telle richesse, que de tels efforts de crédibilité soit desservis par une intrigue disons…affligeante, il n’y a pas d’autre mot. Cela reste pour moi une énigme. On peut constater à chaque instant dans Skyrim l’intelligence narrative du studio Bethesda : le déchirement d’une mère inquiète de voir son fils partir au combat, le racisme rampant des rebelles Sombrages (soi-disant « les gentils ») dans les ghettos de Windhelm ou le pragmatisme politique du Jarl de Whiterun. On assiste tout au long du jeu à des conversations entre PNJ tout à fait bluffantes. Et on ne fait qu’y assister… Nous, on « va chercher » ou on « va taper ». Tel un chien fidèle, on rapporte le bâton, au mieux, on chasse les chats du quartier. Je me souviens de cette mission parodique dans Nova Magica où le maître envoyait son apprenti faire les courses à l’épicerie, au moins c’est sans détour.

Moi pas vouloir tuer toi…Mais toi trop bête.

Mais un chien ne participe évidemment pas à la conversation de ses maîtres, peut-être le souhaite-il en secret ? Et encore, si nous avions le devoir d’être un chien intelligent et rusé, pourquoi pas ? Mais j’ai la mauvaise habitude lorsque je commence un nouveau RPG (à l’exception des Fallout) de créer le personnage le plus stupide qui soit : genre barbare autiste avec 2 compétences, armes à 2 mains et armure lourde. C’est un perso-test qui permet de jouer avec un gameplay léger et de répondre à la question cruciale : ce jeu est-il stupide ? C’est-à-dire : si je peux avec seulement le clic droit de ma souris et les touches directionnelles, en frappant comme une sourde sans aucune réflexion, réussir toutes les quêtes qu’on me propose ; alors, ce jeu est stupide. En Morrowind, j’avais abandonné ce cobaye au bout de 6 heures de jeu, définitivement il ne suffisait pas. En Cyrodil, il avait tenu 12 heures, les quêtes de Confrérie Noire, excellentes, lui étaient inaccessibles. En Bordeciel, après 18 heures de jeu, c’est un sans faute. Même les missions d’infiltrations et celles des voleurs sont accessibles au barbare le plus épais (ah ! L’infiltration au marteau de guerre à 2 mains..). Je ne sais plus trop à quoi correspond la magie : un savoir des Arcanes ou un manga sur AB1 ? Un magazine PC peu recommandable nous fait savoir que des moddeurs ont ajouté des commandes vocales pour les cris en Draconnique, c’est une époque merveilleuse, au potentiel humoristique insoupçonné. Ima !ginez 500 000 geeks en train de cliquer droit jusqu’à s’en faire de la corne tout en hurlant « Fousse, RRo-Dha ! » devant leurs écrans comme des damnés du 8ème Cercle.

Sans rire, j’ai comme une impression de mépris de la part des développeurs. Ce sont de bons professionnels, les scénaristes sont tout à fait capables, une seule déduction reste possible : ils nous prennent pour des c…. et des c…… .C’est bien triste. Reste maintenant à toute la communauté des moddeurs de prouver encore une fois à Bethesda qu’ils font mieux qu’eux, et bénévolement. Dans le monde anglophone, je vous assure qu’il y a au moins une traductrice à affût. Avec le temps, la communauté parviendra certainement à faire de Bordeciel une contrée pleine d’âme.

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Publié le 04/06/2012, dans JEUX VIDEO, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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