la Musique des Dieux ou la naissance du monde

Premier article concernant le Silmarillion, résumé de lecture du premier chapitre, il aidera j’espère à la compréhension de l’univers de Tolkien, à travers cet ouvrage réputé illisible. La comparaison, en creux et en plein, avec l’Ancien Testament est riche de découvertes.

(les nombreux noms de dieux, de personnages ou des lieux ont souvent plusieurs formes selon la langue employée par le narrateur –Tolkien a inventé plus d’une dizaine de langages-, j’essaierai de n’employer qu’une seule forme et je choisirai toujours la forme la plus ancienne des langues de l’auteur. A chaque texte sera joint un petit lexique)

Eru engendra de sa pensée les Ainur, Il leur parla et leur demanda de chanter pour Lui. Un jour, Eru les réunit  devant Lui et chanta devant eux. Ils en  furent éblouis. Eru leur demanda alors de reprendre ce thème, ensemble et harmonieusement. Il leur demanda de faire preuve de talent et d’habileté, chacun selon leurs moyens et leur compréhension de Sa Musique. Le chœur des Ainur commença à tisser le thème d’Eru dans une harmonie grandiose et  jamais ils ne firent à nouveau une telle musique. Bien qu’à la fin des temps, il est dit qu’un thème plus grand encore s’élèvera. Du chœur des Ainur émergea plusieurs voix solistes, de ceux qui avaient acquis une compréhension plus large de l’esprit d’Eru. Ils furent appelés les Valar et Melko était le plus puissant d’entre eux. Il possédait ses propres pensées, qu’il souhaitait mêler à la Musique d’Eru, mais elles ne s’accordaient pas avec la Sienne. Quand il les fit venir, la discordance s’éleva aussitôt et de nombreux Ainur s’arrêtèrent de chanter, en plein désarroi. La disharmonie gagna du terrain et les mélodies se perdirent dans un flot turbulent.

Eru se leva et Il avait un sourire bienveillant. Il leva sa main gauche et un nouveau thème apparut au milieu de la tempête, semblable au premier et pourtant différent, il gagnait en puissance en beauté. Mais la discordance de Melko s’enfla jusqu’au tumulte pour affronter le deuxième thème, de nombreux Ainur cessèrent et Melko eut le dessus. Eru leva sa main droite et un troisième thème apparut, différent des deux autres. Tout en douceur, en sonorités délicates, mais que rien pourtant ne pouvait éteindre, il se mit à gagner en force et en profondeur, alors que la musique de Melko avait atteint son unité propre : elle était bruyante et vaine, sans cesse répétée.

Au milieu de cet affrontement, Eru se leva pour la troisième fois, et Son visage faisait peur à voir. Il leva les deux mains : d’un seul accord, plus profond que l’abîme, plus haut que le firmament, la Musique s’arrêta. Eru parla aux Ainur : «Voyez votre musique ! » et ils virent un monde nouveau apparaître devant eux. A mesure qu’ils regardaient, il leur semblait le voir vivre et se développer. Eru leur dit encore « Voyez votre musique ! Ceci vient de votre art. Et toi Melko, tu verras tes pensées les plus secrètes, tu comprendras qu’elles ne sont qu’une partie de l’ensemble, tributaires de sa gloire ».

Les Ainur, réunis devant ce Monde suspendu dans le vide, assistèrent avec stupéfaction à la naissance des Enfants d’Eru, qui ne furent conçu que par Lui. Ils vinrent avec le troisième thème et aucun Ainur ne participa à leur création. Les Enfants d’Eru sont appelés les Premiers nés, les Elfes et les Successeurs, les Humains. Les plus puissants des Ainur, les Valar tendirent leur volonté vers le Monde et ses Enfants, et Melko fut le premier d’entre eux. Il voulait pour lui-même des serviteurs et des sujets, s’entendre appeler Seigneur et se sentir maître d’autres volontés. Mais les autres Valar admiraient cette demeure, leurs cœurs étaient remplis de joie et de lumière. Ils observaient l’air et le vent, le fer et la pierre, mais de toutes ces œuvres, c’est l’eau qu’ils préféraient. Ainsi les Elfes disent que l’eau recèle encore l’écho de la Musique des Ainur et ils ne se lassent pas d’écouter la voix de la mer. Le Valar Ulmo, lui qu’Eru avait plus que tout autre imprégné de Sa musique, se tourna vers l’élément liquide. Manwë, le plus noble des Ainur, se tourna vers l’air et le vent. La contemplation des nuages les rapprocha tous deux, et depuis toujours Manwë et Ulmo sont alliés. Le Valar Aulë médita sur la substance de la Terre, lui qu’Eru avait fait aussi doué que Melko, et il trouva sa joie et sa fierté dans l’acte de création, non dans sa possession et sa maîtrise.

Alors que les Ainur admiraient le Monde, la vision disparut et ils ne virent que l’obscurité. Ils étaient inquiets et Eru leur parla à nouveau : « Je sais que vos esprits désirent que cette vision viennent vraiment à être, et pas seulement dans vos pensées. Je dis : Eä ! Que ses choses soient ! Et Je répandrai dans le vide la Flamme Eternelle, et elle sera au cœur du Monde.» Quand les Valar pénétrèrent dans Arda, ils furent en même temps surpris et désorientés, tout n’était que ténèbres. La vision n’avait été qu’un présage et ils étaient maintenant au commencement des temps, les Ainur devaient accomplir le Monde. Dans cette œuvre, Manwë, Aulë et Ulmo firent la plus grande part. Melko se mêla de tout, faisant quand il le pouvait selon ses désirs. Il dit aux autres Valar : « Ceci sera mon propre royaume, et je le nommerai d’après moi-même ! » Manwë, qu’Eru avait pensé comme le frère de Melko, le rejetta et ce fut la discorde entre Melko et les autres Valar. Il se retira et gagna d’autres régions d’Arda, que les hommes appellent les Terres du Milieu, mais ne chassa pas son désir de son esprit.

Les Valar firent venir sur Arda de nombreux compagnons de rang moindre, les Maïa, et bâtirent à l’ouest leur royaume, resplendissant et bienheureux. Melko vit que leur terre devenait le jardin de leur plaisir, et son envie ne fut que plus forte. Il s’abattit sur leur royaume, plus majestueux qu’aucun autre Valar, et dans ses yeux il était comme une flamme dont la chaleur foudroie, dont le froid est mortel. De cette première bataille, les Elfes n’eurent guère à en connaître car les Valar ne dirent jamais que peu de choses sur les guerres d’avant la venue des Elfes. Tout ce que Melko détruisit de l’œuvre des Valar, ils s’attelèrent à le reconstruire, mais ainsi, aucun endroit ne vit s’accomplir entièrement leur volonté. Alors, la demeure des Enfants d’Eru fut enfin établie parmi les étoiles innombrables.

Prochain article : la naissance des Elfes.

Eru : le Dieu Unique

Ainur : les Bénis

Valar : les Puissances (les plus grands des Ainur)

Maïa : Ainur de rang moindre.

Arda : le Monde

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Publié le 28/04/2012, dans TOLKIEN, et tagué , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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